Histoire des 165 ans de Cartier

Publié le par Betty Glam

 

 

Le joaillier-horloger français fête ses 165 ans. De l'ouverture de la première boutique au film de la panthère qui tourne actuellement sur le web, l'histoire de la marque se mêle à celle de la France.


http://www.vogue.fr/uploads/images/thumbs/200926/090624_histoires_de_montres_aspx68555image_jpg_529600866_north_545x.jpgSur un marché de Bodrum, en Turquie. Vous avez 20 ans et en poche, juste de quoi vous payer deux ou trois kebabs. Et puis vous la voyez, là, sur un étal avec mille autres en un petit monticule scintillant : la fausse Cartier. Mythique modèle Tank de 1919, rectangulaire, avec ses chiffres romains et son cadran où les secondes font comme un clavier de piano.
Vous l'embarquez, évidemment. Et avec elle, même illégale, même contrefaite, même misérable, un bout de légende, un morceau du passé, un vrai roman d'aventure. Qui a démarré il y a très exactement 165 ans…

http://www.designtop100.com/media/img/designer/214px/louis-francois-cartier.jpgEn 1847, Louis-François Cartier s'installe au 29 rue de Montorgueil à Paris. Il a 28 ans et il reprend l'atelier de bijouterie de son maître artisan Adolphe Picard. Il lui faut neuf ans pour s'envoler. En 1856, la princesse Mathilde – une autre, nièce de Napoléon 1er et cousine de l'empereur Napoléon III – franchit le seuil de sa boutique. L'impératrice Eugénie la suit de peu, ouvrant grand la porte à toutes les cours du monde : la maison Cartier devient le fournisseur officiel du roi Edouard VII d'Angleterre, du roi Alphonse XIII d'Espagne, du tsar Nicolas II de Russie, du roi Paramindr Maha Chulalongkorn (parfaitement) du Siam, du duc Philippe d'Orléans et de notre bon roi Albert 1er de Belgique.
Quand Louis-François passe le relais à son fils, Alfred, celui-ci envoie ses propres enfants à l'assaut de la planète : Louis s'occupe de la maison parisienne, Pierre est envoyé à New York et Jacques s'installe à Londres.

Expansion internationale, voyages en Inde et en Russie pour trouver l'inspiration et les plus belles pierres, influence des courants artistiques de l'époque (de l'Art déco à l'expressionnisme) et nomination d'une femme à la tête de la société au cœur des Années folles : Cartier a toujours vécu avec son temps.

http://www.cartier.fr/var/cartier/storage/images/media/images/tell-me/living-heritage2/through-time/1942/tm_history_1942/5994-1-eng-WW/tm_history_1942.jpeTic-tac, bien dans le rythme. Bien dans la vie. Dessinant les bâtons de maréchal de Foch et de Pétain (1918), mettant ses bureaux londoniens à la disposition du général de Gaulle pour qu'il y écrive ses discours (1940), créant un bijou, « L'oiseau en cage », pendant l'Occupation (1942) et une broche, « L'oiseau libéré », deux ans plus tard, adoptant, début des années 2000, les mesures de lutte contre les diamants de la guerre et confondant le « Council for responsible Jewellery Practices » en 2005.

Mais hors cet ancrage permanent dans son époque, hors les innovations horlogères et joaillières de la maison – qui, en 165 ans, deviendra le premier producteur mondial de joaillerie, le second en horlogerie et maroquinerie –, Cartier, c'est du cinéma. Du rêve. Du conte de fées.

Cartier, ça nous parle d'un temps que les moins de 100 ans ne peuvent pas connaître, où on pouvait échanger une résidence new-yorkaise (celle du financier Morton F. Plant) contre un collier de deux rangs de 55 et 73 perles fines. Où une fidèle cliente américaine, Marjorie Merriweather Post, pouvait s'offrir un pan d'histoire, les boucles d'oreilles de Marie-Antoinette… Un temps lointain, improbable, limite imaginaire, où tout était possible.

Les grands moments

1888 Premières montres-bracelets serties pour dames.

1912 Première pendule mystérieuse dont les aiguilles semblent flotter dans le vide. La même année, Paris offre au tsar Nicolas II l'Œuf Impérial Cartier (aujourd'hui exposé au MET de New York).

1914 Premier décor panthère ornant la lunette d'une montre-bracelet ronde pour dame : onyx et pavage de brillants.

1924 Création de la bague et du bracelet trois anneaux or de couleurs différentes appelés Trinity aux Etats-Unis. Jean Cocteau s'empare de cette bague et la lance dans le tout Paris.

1953 Marilyn crie « Cartier ! » dans la chanson du film Les hommes préfèrent les blondes, « Diamonds are a girl's best friend ».

1956 A l'occasion de son mariage avec le prince Rainier, Grace Kelly reçoit une bague de fiançailles Cartier, un diamant taille émeraude de 12 carats.

1984 Création de la Fondation Cartier pour l'art contemporain. Cette institution devient vite une référence dans le monde de la peinture, de la vidéo, du design, de la photographie et de la mode.

2001 A New York, l'angle de la 5e avenue et de la 52e rue est officiellement baptisé « Place de Cartier ».

LUIS LEMA ET JULIE HUON - Le Soir

Publié dans Modes

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